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    Après avoir gouté au plaisir de conduite de la L7, il me fallait vraiment poursuivre l'expérience vers celle qui devait lui succéder, voici donc la suite de l'histoire...

L’origine de la C6 provient de la C8, il s’agit d’une 750 culbutée bâtie à partir d’une L7 équipée de cylindres et culasses de Zündapp KS 750. Le moteur développait 40 cv et propulsait la moto à la vitesse respectable de 160 km/h (nous sommes en 1953). 30 motos furent fabriquées par Cemec et livrées à l’escorte présidentielle afin de remplacer les « vieilles » Gnome et Rhône X40, en service depuis 1941 !

 

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C’est donc naturellement que, quelques années plus tard, Ratier s’inspira de cette C8 pour développer la C6S : arbre à cames identique (inspiré de la BMW R75 « Russie ») et même inclinaison des axes de poussoirs (15°). De même, la C6S emprunte à la R75 de nombreuses pièces moteur mais aussi à la R71 (fourche télescopique, cadre double berceau, boite de vitesses, pont arrière). Mais Ratier ne se contente pas de copier, de nombreuses améliorations sont apportées comme la suspension oscillante équipée des fameux amortisseurs Lelaurain et le très performant tambour avant double came de 200 mm de diamètre.

Afin de tester en course les solutions techniques devant être appliquées à la C6S, deux machines furent produites en 500 cc pour courir en catégorie sport des courses d’endurance. Une C5GS pilotée par Nebout (qui courait sous le pseudonyme de Tano) remporta les deux heures de Montlhéry en 1959 avec une moyenne de 124.6 km/h !

 

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L’année 1959 sonne la fin de l’indépendance de Ratier. En effet, les C6S n’ont pas réussi à s’imposer auprès de la gendarmerie qui leur préfèrera les BMW (seulement 230 exemplaires achetés), et les commandes passées par le Ministère de l’Intérieur pour les CRS (environ 700) ne suffisent pas à pérenniser cette activité (Ratier n’avait pas réussi à dépasser une cadence de fabrication supérieure à 500 motocyclettes par mois).

 

Fin 1959, la CSF (Compagnie générale de télégraphie Sans Fil), qui cherche à s’étendre, se porte acquéreur de l’usine Ratier voisine. Cette entreprise spécialisée dans l’électronique, employant plus de 2500 personnes, fabrique l’électronique de bord des avions Mirage. La fabrication des C6S est maintenue afin de ne pas rompre le contrat passé avec l’état, et Ratier devint un département de CSF.

Dans l’espoir de diversifier sa clientèle pour relancer ses ventes, Ratier CSF développa deux nouveaux modèles sur base de C6S : la C6S « radio » et la C6S « USA ».

 

Feuillet C5-C6 CSF

C6S radio

 

 C6S radio002

 

 

La C6S « radio » est équipée d’un émetteur-récepteur de chez CSF type MF 721 en 156 à 174 MHz ou MF 723 en 70 à 88 MHz. Il comporte 1 à 4 fréquences préréglées. L’alimentation est en 6 volts et le microphone est du type microphone / haut-parleur, commandé au guidon par un câble Bowden qui actionnait la pédale du micro. Les premières C6S « radio » équipèrent la CRS n°1 pour la Section Motocyclettiste d’Escorte Présidentielle.

 

Le développement de la C6S « USA » fut confié en 1961 à M. de Thomasson, ingénieur électronicien à CSF connu pour son goût des motocyclettes, et qui se trouvait alors en poste à New York. Outre Atlantique les prémisses de la reprise des ventes de motos de grosses cylindrées se faisait sentir. Cinq machines furent spécialement préparées pour ce marché exigent, les raffinements étaient nombreux : taux de compression du moteur amélioré, vilebrequin mieux équilibré, disque d’embrayage à amortisseur de type automobile, boite équipée d’un indicateur électrique de point mort, axe de sélecteur monté sur roulement, phare caréné avec tableau de bord équipé d’une visière en plexiglas, quatre clignotant Hella, selle double Aurora, etc. Deux des cinq motos produites furent envoyées à New York pour participer à l’exposition de Laconia (New Hampshire) en juin 1961.

 

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C6S America

 

Fin 1961 la CSF reçu une grosse commande de radars « Cyrano » destinés à équiper les avions Mirage. Il fut alors décidé de stopper la production de motocyclettes afin de libérer de l’espace pour produire cette commande beaucoup plus rentable.

La dernière C6S fut assemblée en décembre 1962, il s’agissait de la 1057ème machine produite, soit une cadence d’environ 500 motos par an alors que les prévisions initiales étaient de 1100 machines par an pendant 7 ans ! Un petit atelier situé à Malakoff assura la fourniture des pièces détachées et le service après vente jusqu’en 1971.

 

Atelier Ratier

Une partie de l'atelier d'assemblage de C6S dans le département Ratier de la CSF.

 

Les C6S étaient de très belles motos, qui de l’avis des spécialistes, marchaient presque aussi fort que les BMW R69S et dépassaient allègrement les 100 000 km de longévité, ce qui n’est pas surprenant puisque les services publiques étaient très exigeants sur la fiabilité et la robustesse.

 

Voici quelques documents d'époque mettant en scène des C6S:

 

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Logo CRS n°1

 

Une transformation des années 70, une C6S "Japonisée?

 

C6S kittée années 70001

 

Et voici quelques photos de ma C6S "radio":

 

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Pub Ratier - Moto Revue n° 1459 - oct 1959

Ma Ratier C6S "radio"
Ma Ratier C6S "radio"

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